Manger bon et bien en camping!

Manger bon et bien en camping!24-05-2018

En plein air comme à la maison, le secret de la saine alimentation réside en grande partie dans l’organisation et la planification. Ainsi, il vous sera possible de profiter des plaisirs alimentaires traditionnels comme un bon hot-dog cuit sur les braises d’un chaleureux feu de camp, dans la mesure où, par exemple, vous aurez pensé et prévu substituer et acheter de délicieuses saucisses végétariennes et de petits pains à grains entiers. 

En premier lieu, avant de déterminer la qualité et la quantité de nourriture à apporter, il vous faut vérifier les facteurs suivants :

1. Les ressources à proximité

Ressources alimentaires

Par exemple, le fait de visiter la boulangerie d’un village près de votre lieu de séjour pourra avoir de nets avantages. D’une part, la fraîcheur et la saveur des pains artisanaux feront vite oublier les grains entiers aux enfants. De plus, la visite à la boulangerie devient une activité en soi où l’on peut y assouvir plusieurs de nos sens (odorat, vue, goût, échanges avec le commerçant et les gens du village). On peut aussi imaginer le même scénario pour la visite d’un producteur maraîcher, d’une poissonnerie, d’une fromagerie, etc.

Ressources utilitaires

J’entends par là : l’électricité, le petit foyer, le gril ou les abris communautaires pour la préparation et la consommation des aliments par mauvais temps, etc.

2. Les activités prévues

Évidemment, si vous partez en canot-camping, votre bagage alimentaire sera très différent d’une randonnée avec coucher en gîte où le volume de la tente en moins pourra être remplacé par quelques petits luxes. De plus, l’exigence physique de l’activité influencera aussi la valeur énergétique de votre menu.

3. La saison

Habituellement, tout comme à la maison, on consomme plus de mets chauds et en sauce en automne et en hiver, et plus de mets froids et frais en été.

4. Le nombre, l’appétit et les goûts des participants

Il est tout de même à noter que ces moments peuvent être plus propices pour faire découvrir de nouvelles saveurs à nos petits becs traditionnels.

5. La facilité de préparation

Évidemment, le cuisinier ou la cuisinière habituelle doit aussi prendre des vacances! Pour se faire, il faut idéalement miser sur deux éléments : la préparation à l’avance de certains mets ou d’ingrédients, ainsi que la planification de « fast-food » santé.

6. Le transport (fragilité, poids et volume)

Certains aliments résistent mieux aux transports que d’autres.

  • Fruits et légumes

Outre que les besoins nécessaires pour la route, il peut souvent être plus avantageux de prévoir se les procurer le plus près possible de notre lieu de séjour. Dans certaines situations, pour les fruits, les agrumes sont bien protégés par leurs pelures épaisses. On peut aussi penser à certains fruits frais non mûrs comme les pêches qui résisteront beaucoup mieux au voyage que des pêches mûres juste à point. Évidemment, si l’on est restreint en volume d’aliments à transporter, les fruits ou les barres de fruits (sans sucre ajouté) déshydratés seront d’une grande utilité.

Pour les légumes, un grand contenant de crudités sera magnifique pour la route. De plus, selon les circonstances, on peut envisager apporter des jus et des conserves de légumes, principalement pour les derniers jours d’un séjour loin de la civilisation!

  • Produits céréaliers

Les pains pitas et les tortillas de grains entiers sont une alternative intéressante aux pains réguliers, qui arrivent souvent écrasés, en plus de prendre moins de place dans le véhicule. Dans les essentiels, j’inclus les pâtes et les grains (riz, quinoa, etc.) entiers, les céréales à déjeuner ainsi que la préparation à l’avance des ingrédients secs nécessaires à la préparation de certaines recettes comme les crêpes et les galettes de sarrasin. Effectivement, plutôt que de transporter un contenant de farine, de gruau, de soda et de poudre à pâte, il suffit d’effectuer le mélange des ingrédients secs à l’avance et de bien identifier le contenant en y précisant le reste des ingrédients à incorporer. Quel moment inoubliable qu’est la cuisson et la dégustation d’une bonne crêpe en plein air! Dans cette euphorie, tentez de réduire ou de substituer le traditionnel sirop par un peu de yogourt à la vanille ou nature garni de petits fruits, de votre tartinade de fruits préférée ou encore de yogourt nature et d’un mélange de noix et de fruits séchés. Votre crêpe déesse du livre Les Classiques, p. 231 (ou livre 3, p. 99), ne nécessite que des flocons d’avoine comme ingrédient sec. La galette de sarrasin du Sp. Tables d’hôte, p. 69, se prête aussi très bien à la préparation en plein air.

Il est à noter que la semoule de blé (couscous), quoique pauvre en fibres, peut être intéressante de par le fait qu’elle ne nécessite pas nécessairement de cuisson. Un simple trempage dans un bouillon ou un jus de légumes permet de la faire gonfler. Pour ce faire, on incorpore la semoule de blé au liquide froid la veille pour le dîner ou le matin pour le soir. Pour ma part, j’aime bien, et je trouve pratique d’ajouter 125 ml (½ tasse) de semoule de blé à une conserve de tomates en dés assaisonnées avec le jus (ça nous procure environ 3 portions de substitut de pain).

Enfin, je préconise beaucoup la préparation maison à l’avance des galettes, pains et muffins (garder congelés) utiles en début de séjour. Évidemment, la fin des longs séjours devra être planifiée avec des pâtisseries locales ou celles préparées sur place, cuites au poêlon ou sur une plaque, comme les crêpes et certaines galettes.

  • Produits laitiers

Pour les grands explorateurs, le lait en poudre représente la meilleure alternative. Pour les séjours plus familiaux, le lait Grand Pré est très utile. Ce dernier est obtenu par pasteurisation à ultra-haute température (UHT). Cette technique permet de conserver le produit jusqu'à six mois avant ouverture sans réfrigération. À noter que l’on compte maintenant de petits contenants individuels en boîte à boire très pratiques pour limiter le gaspillage et la place dans la glacière. Également, les boissons de soya en Tetra Pak qui se conservent à la température de la pièce avant ouverture peuvent s’avérer pratiques. Autrement, on s’approvisionne à la dernière minute.

  • Viandes et substituts

Le camping est le moment de découvrir la facette simple et pratique des protéines végétales. Moins fragiles à la contamination, plus simples à entreposer, et surtout extrêmement rapides à préparer, vous ne pourrez plus partir sans elles. Quoi de plus commode qu’une salade protéinée fabriquée avec des légumineuses en conserve. Par exemple, comme goûter à déguster au cours d’une randonnée ou au sommet d’une montagne, on mélange simplement, vinaigrette, conserve de légumineuses, herbes et/ou légumes au goût dans une gourde avant le départ, et le tout est joué! Ainsi, la salade macérera pendant la randonnée et elle sera doublement plus savoureuse à l’heure du repas.

La salade de légumes protéinés du livre Les Classiques, p. 34 (ou livre 2, p. 59), est tout à fait délicieuse et vous n’aurez qu’à mélanger de l’huile d’olive, de la moutarde de Dijon, de l’ail ainsi que du sel et du poivre en guise de vinaigrette.

Pour les incontournables hot-dog et hamburger, pourquoi ne pas tenter leurs versions végétariennes? Vous en serez agréablement surpris, car les nouveaux produits sur le marché sont maintenant de plus en plus semblables en termes de goût et de texture que leurs versions traditionnelles.

Pour les amateurs d’œufs, il peut être intéressant, dans certaines occasions, d’utiliser des œufs liquides offerts en contenant de carton (identique à ceux du lait) afin de limiter l’espace ainsi que les risques de dégât.

Les poissons et fruits de mer en conserve sont des essentiels. Pita au thon, tortillas au saumon, sauce aux crevettes, salade de crabe, canapés de moules fumées, qu’ils soient servis en garniture à sandwich, en sauce pour pâtes, en salade ou en petites bouchées, cette catégorie d’aliments offre une panoplie de possibilités.

Enfin, les habitués de la mise en conserve maison pourront faire des réserves de sauce à spaghetti, de bouillis, de ragoût, de soupe, etc., en prévision de leurs petites escapades. Autrement, pour les grands aventuriers, les magasins spécialisés d’équipement de plein air offrent une variété de plus en plus importante de nourriture lyophilisée  ou déshydratée afin de minimiser le poids et le volume des aliments.

Pour tous les groupes alimentaires, évidemment, si l’on visite un autre pays, on est plus limité.


Rappelez-vous qu’il est possible de manger santé n’importe où, mais qu’un repas de moins bonne qualité pourra facilement être oublié par 20 autres mieux élaborés. L’important, c’est la moyenne et non un repas sur les 21 qu’il y a dans une semaine.

Profitez-en pour lâcher prise en misant sur d’autres plaisirs que ceux de la table comme les magnifiques paysages et le sentiment de dépassement que nous procure une longue randonnée en montagne.

Bon camping!

Véronique Therrien, Dt.P.
Diététiste-nutritionniste
Minçavi inc.


« Retour

© 2014-2021 Minçavi. Tous droits réservés.